Vendredi le 11 mars 2016,

Par Ian Sénéchal, président

Une des choses que je vois très souvent avec les clients d’assurance que j’ai achetés il y a 3 ans est la suivante. Des gens entre 65 et 70 ans mettent fin à leur police d’assurance vie permanente. Les capitaux assurés sont généralement de 25 000$ et dans bien des cas, ils ne reçoivent aucune valeur de rachat. Juste cette semaine, j’ai eu deux cas.

Une assurance vie permanente est une assurance que l’on achète pour maintenir un capital d’assurance toute la vie durant. On souhaite alors payer une prime fixe qui n’augmentera jamais. La façon d’y arriver pour un assureur est très simple. Quand vous êtes jeunes et que ça ne lui coûte presque rien vous assurer pour une année, il vous charge un montant qui sera plus élevé que votre coût d’assurance. De cette façon, il peut investir la différence. Les assureurs sont généralement très prudents, ils vont donc en général investir l’argent dans de bonnes vieilles obligations ou de l’immobilier.

C’est pour cette raison que les contrats temporaires 10 ans sont beaucoup moins dispendieux que les contrats permanents. L’assureur n’est pas en train de créer une réserve d’argent afin de niveler ses coûts dans le temps. En effet, plus vous vieillissez, plus cela coûte cher vous assurer pour une année. Par exemple, pour un homme non-fumeur de 40 ans, une police d’assurance temporaire 10 ans de 500 000$ peut lui coûter 350$ par année alors qu’un contrat permanent de 50 000$ lui coûtera autour de 505$. Toute une différence.

L’assurance permanente sert principalement à défrayer les coûts au décès ou encore transmettre un petit héritage ou dans de très rares cas, payer les impôts au décès. Je dis que la troisième utilité est plus rare non pas parce que ce n’est pas une bonne idée, mais simplement parce que pour pouvoir payer un impôt au décès, il faut avoir accumulé un certain actif. De nos jours, c’est quelque chose en voie de disparition.

Bref, à mes yeux, l’annulation d’un contrat permanent entre 65 et 70 ans représente une catastrophe en termes de planification. Premièrement, on arrive généralement à cette option quand on trouve que la prime est trop dispendieuse. Le 60$ par mois que l’on payait quand nous avions un emploi était raisonnable, mais maintenant que nous sommes retraités et que nous avons déjà épuisé les petits REER que nous avions mis en place, nous n’avons plus les moyens de le payer. Cela soulève deux problèmes. Le manque de préparation pour la retraite et surtout, un problème à venir pour la famille lors du décès de l’ex-assuré. Qui va défrayer les coûts de décès? Les REER sont épuisés. L’argent est tout dépensé. On vit en appartement, pas de maison. On risque d’avoir quelques dettes.RDV

Je comprends parfaitement la décision des gens de laisser tomber l’assurance. Le problème n’est pas les décisions qu’ils prennent à 68 ans. Le problème est plutôt les décisions qu’ils ont prises il y a 30 ans. S’ils pouvaient revenir en arrière, ils auraient au moins pu opter pour de l’assurance temporaire. Au moins, ils n’auraient pas payé toute leur vie pour une couverture qui allait payer en moyenne à 82 ans et qu’ils laisseraient tomber à 68 ans.

Bref, pour contracter de l’assurance permanente, il faut d’abord et avant tout s’assurer d’avoir une retraite. Trop souvent, les gens sans revenus de retraite adéquats laissent tomber leur contrat. Et l’assureur est bien content. Même les gens qui ont fini de payer leur contrat en avance finissent aussi par le laisser tomber s’ils n’ont pas suffisamment de revenus, car la valeur de rachat est toujours très tentante à aller chercher.

C’est pour cette raison que j’aime bien travailler avec l’assurance temporaire pour les jeunes. On vous laisse le maximum d’oxygène pour votre épargne-retraite tout en allant chercher de bons capitaux d’assurance pendant que votre famille est jeune et à besoin de votre revenu pendant 20-25 ans. Vous aurez toujours l’option d’aller chercher du permanent, une fois que votre retraite sera sous contrôle.

Apprenez des erreurs de vos aînés, ou vous serez condamnés à les répéter.