Il semblerait que le gouvernement fédéral souhaite aller de l’avant avec le projet de commission nationale des valeurs mobilières. Ce projet et a été mis en branle sous le gouvernement Harper et aujourd’hui, le gouvernement Trudeau souhaite le poursuivre. Wow, excellent. J’ai personnellement beaucoup de réticences envers ce gouvernement et je trouve qu’ils prennent de gros risques avec notre économie, mais force est d’admettre que dans ce dossier, ils jouent bien leur jeu.

Deux provinces sont fortement en désaccord avec ce projet. L’Alberta et oh, surprise… le Québec. Cette réticence me déçoit. On s’offusque que le gouvernement fédéral empiète sur un champ de compétences provinciales. Toutefois, personne ne se pose les bonnes questions. Quel est le but d’un organisme réglementaire? Quelles sont les technologies utilisées dans le domaine? Quelles seront celles de demain? Dans quel genre d’économie vie-t-on?

Les réponses à ces questions sont bien simples. Nous vivons dans une économie globalisée. Un monde dans lequel les frontières tombent les unes après les autres avec l’arrivée du commerce en ligne. Un monde dans lequel on recherche les meilleurs services ou les meilleurs biens de consommation en magasinant sur Internet et en lisant les avis des utilisateurs précédents. Un monde dans lequel on peut presque tout faire à l’intérieur de notre propre domicile. Un monde dans lequel on peut obtenir du soutien technique en ligne par clavardage, sans mise en attente sur une ligne téléphonique. Un monde réglementé certes, mais qui exige de plus en plus que la réglementation soit souple, intelligente et flexible afin de s’adapter rapidement. Un monde en quête de standardisation également. On n’a qu’à penser aux normes comptables internationales par exemple.

Considérant tout cela, il m’apparaît illogique que présentement je détienne 4 permis de pratique pour exercer mon métier de représentant en épargne collective. En effet, pour servir certains de mes clients, j’ai dû acheter mon permis en Ontario, au Nunavut et en Colombie-Britannique en plus de mon permis québécois. Les législations des autres provinces font suffisamment confiance au Québec pour accepter mes demandes de permis sans trop poser de questions, tant qu’ils ont leur argent. Tout cela, parce que l’adresse postale des clients que j’ai rencontrés pour la première fois dans mon bureau en face des Galeries de la Capitale est située en dehors du Québec. Chacun de ces permis me coûte en moyenne 250$.

D’ailleurs, j’ai souvent dû attendre de rencontrer ces clients une première fois en personne avant de pouvoir commencer à les servir, les règlements sont ainsi faits. Je devais valider leur identité en personne. C’est pourquoi j’attendais qu’ils rendent visite à leur famille au Québec pour commencer à traiter leur dossier. Je comprends quelles étaient les intentions des législateurs de l’époque, mais justement, j’ai l’impression que cette méthode appartient à une autre époque. Avec Skype, Facetime et Google Hangout aujourd’hui, une rencontre en personne est toujours plus souhaitable, mais elle perd de son avantage concurrentiel! Imaginez, je peux avoir accès à un tas d’informations sur mon dossier fiscal avec l’Agence de Revenu du Canada en me connectant via un « partenaire de connexion ». Ces partenaires sont des banques réglementées qui ont validé l’identité du demandeur. Pourquoi ne pourrait-on pas faire la même chose et permettre le traitement de dossier complètement à distance?

En effet, il m’est arrivé à plusieurs reprises de refuser de m’occuper du dossier de clients à l’intérieur de mon propre pays, car je ne pouvais me déplacer en Alberta ou en Ontario pour les servir. Ça fait tellement 2006!

Bref, tout ça pour dire que la guéguerre de politiciens et de fonctionnaires ne m’intéresse pas. Je veux que mon industrie soit efficiente, bien réglementée, proactive et moderne. J’ai des petites nouvelles pour vous mes amis les politiciens, une seule commission fédérale arrivera à de meilleurs résultats que la panoplie de commissions provinciales. Non pas parce que les fonctionnaires sont mauvais, juste parce que c’est plus logique, moins coûteux et plus efficace.